Finalistes du championnat de France!

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Les Fives Cochères aux Championnats de France de Rugby à 5, de Lectoure à Dublin – un récit de notre envoyé spécial Gautier Jourdet 

 

Qu’est-ce que le rugby, sinon un tournoi estival en forme de pèlerinage ovale au cœur du Gers, où le melon coule à flots et le rugby à 5 est religion ? Je vous emmène suivre avec moi l’épopée caniculaire d’une bande de gorets parisiens débarqués dans un minibus surchauffé, les yeux pleins de rêves, dans le creux vallonné d’un petit village nommé Lectoure, où les terrains de rugby s’étendent à perte de vue sous l’œil bienveillant de la Cathédrale.

Les Five Cochères y ont posé leurs sacs dans un gîte de pèlerins, comme des guerriers en escale avant le combat. Dès samedi midi, le thermomètre grimpe à 38°C, le cuir colle aux mains, les fronts perlent, mais les cœurs sont vaillants.

Samedi – phase de poules – Défense timide, chaleur ardente et calculs savants

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Tout commence par un parfum de crêpe bretonne et de rhum encore tiède, offert avec générosité (et un taux d’alcool résiduel inquiétant) par les bretons de Landivisiau, très sympathiques…jusqu’au plongeon de l’égalisation à la dernière seconde dans les pieds de Pol. 3-3, une entame rageante, car nous menions après des offensives chirurgicales, un Dublin bien sentie et une 2P magique. Les crêpes sont bonnes, le résultat amer. Direction la buvette pour le déjeuner, arrosé – hospitalité gersoise oblige – par un petit Armagnac du meilleur effet avant les 3 matchs de l’après-midi.

Face à Châlons, le niveau monte d’un cran. Une défaite 5-2 sans appel, les adversaires sont organisés, propres, rugueux, et notre défense, habituellement notre fierté, tangue comme un bourguignon après les vendanges. Pas d’affolement, mais l’envie (et la nécessité !) de resserrer les rangs.

Puis vient la frustration de Fos-sur-Mer, équipe du Sud au vice bien dosé, qui nous cueille sur des croisées efficaces. L’arbitrage semble avoir choisi son camp dans ce Classico – en refusant notamment un essai pendant le plongeon, qui restera coincé dans la gorge comme une gorgée de pastis mal digérée. Mais pas d’excuses, nous étions trop mous, trop tendres, trop apathiques, bref…juste pas assez !

Deux heures plus tard, c’est la guerre des maths et l’heure des calculs savants : la victoire surprise de Fos sur Chalons exige désormais l’exploit, il faut battre Reims avec 3 essais d’écart pour accrocher la consolante. Objectif ambitieux, mais ce qu’on vise surtout, c’est le plaisir. Un très bon match offensivement, toujours porté par notre combi fétiche, mais encore quelques lacunes défensives face aux appuis de feu de leurs quinzistes. Score final : défaite 4-3, mais un état d’esprit retrouvé.

 

Retrouvés mais las… le couperet tombe pour les Five Cochères : 5e de poule malgré 4 points (un match nul et deux bonus défensifs), évincés de la consolante. C’est injuste, cruel, un peu absurde. Mais c’est aussi ça le haut niveau.

 

Samedi soir – troisième mi-temps – Toulouse, Bourre-pifs & Get-Bière-Rosé

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Mais qu’importe, car vient alors la troisième mi-temps, et avec elle un des temps forts du week-end. Double dîner, double ration de melon, double ration de plaisir. Quelques bourre-pifs entre Landais et Guyanais, une finale épique UBB – Stade Toulousain, les Five Cochères reprennent des couleurs entre Get-Perrier, bière et rosé et autour d’un vrai débat d’intellos de 3eme mi-temps : c’est quoi être parisien ?

Dimanche – Phases finales – Revanche, démonstration et adieux

Le dimanche, place à la révolte. Les normands d’Hérouville se dressent sur notre route en aller-retour. Deux matchs, deux démonstrations 6-1 et 4-1. Rigueur retrouvée, intensité défensive, et des essais aussi précis qu’inspirés. L’envie est là, l’orgueil aussi. Les Five Cochères sont bel et bien revenus à leur niveau.

Puis, coup du sort : le RC Cévenol déclarant forfait, après négociations avec les équipes adverses et les arbitres, le PORC obtient de jouer les matchs à leur place. Les résultats resteront officieux mais nous récupérons l’occasion de défendre nos couleurs en consolante. Deux nouveaux matchs, deux nouvelles envolées : démonstration très sérieuse 3-1 contre Senlis, et un 7-0 magistral contre Nantes en clôture. Festival offensif, communion collective, embrassades sous le cagnard. Et une pluie d’essais pour célébrer comme il se doit Titouan, le rookie au gaz digne d’un sprinteur olympique, et Julien, notre capitaine de toujours, qui tire sa révérence sous les ovations, mais aussi Maxime, le revenant goret exilé trop loin du stade Max Rousié.

Bilan – regrets, gratitude et promesses

13emes sur 14 officiels, mais 9e ou 10e officieusement. Loin d’être ridicules, et même largement respectés. D’autres équipes n’en reviennent pas de nous voir en bas du tableau. Nous, on sait. On sait ce qui n’a pas fonctionné, on sait ce qu’il faut bosser, et surtout, on sait qu’on reviendra. Déception bien sûr, mais fierté tout de même, de faire partie du gratin français – et même MONDIAL – du rugby à 5.

 

En parallèle, les vaillants bretons accrochés d’entrée par les Five Cochères iront jusqu’en demi-finale (toujours une bière à la main jusqu’au terrain d’honneur) et perdront la petite finale face à nos meilleurs ennemis parisiens du RCP XV, avec qui nous ferraillons d’égal à égal toute l’année et que nous avons battus pour le titre de champion d’Ile-de-France. En finale, la logique fut respectée avec la victoire attendue du RC Canton de Marsanne (près de Montelimar) pour la deuxième année consécutive face à l’US Jarrie (près de Grenoble). Rien à dire, les Roosters sont meilleurs.

 

Merci à Julien, capitaine infatigable et grand meneur d’hommes depuis 6 ans,

À Titouan, ni rugbyman ni parisien mais tellement Five Cochère,

À Oscar, aux chiks-chaks de batard,

À Vincent le métronome,

À Marin les cannes de feu,

À Simon la muraille,

À Thomas la vista,

À Gautier l’élégant,

À Gwen le stratège irlandais,

À Pol le joueur entraîneur brillant,

À Clément le supersub,

Aux coachs Étienne, Maxime et Charlie, brûlés par le soleil gersois et la bière mais vaillants,

Et aux supporters : cousins, parents, en short, en tongs, mais surtout en liesse !

 

La route vers le sommet est longue, escarpée, parfois mal fléchée. Mais elle sent le melon, l’Armagnac et l’herbe cramée. Et tant qu’ils la parcourent ensemble, les Five Cochères vont finir par y arriver.

 

À l’année prochaine. Plus forts. Plus soudés. Et encore plus stylés.

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